Eramet limoge son Directeur Général : Quel impact pour le Gabon ?
Le groupe minier a mis fin au mandat de son Directeur Général pour divergences dans la stratégie managériale.
N ommé il y a moins d’un an, Paulo Castellari quitte ainsi ses fonctions de manière anticipée. Le conseil d’administration n’a pas détaillé la nature des désaccords, précisant toutefois qu’ils concernaient des questions de méthode et de gouvernance.
Cette décision ouvre une nouvelle phase de gouvernance pour le groupe minier français, à un moment particulièrement sensible pour ses activités au Gabon, pays clé de sa stratégie dans le manganèse. Ce changement à la tête de la direction générale intervient alors que les autorités gabonaises ont récemment acté une interdiction d’exportation du manganèse brut, une mesure structurante visant à accélérer la transformation locale des ressources minières et à renforcer la souveraineté économique du pays. Pour Eramet, via sa filiale Comilog, le Gabon représente un pilier industriel et stratégique majeur, tant en termes de volumes que d’investissements.
La reprise temporaire des fonctions de directeur général par Christel Bories, également présidente du conseil d’administration et ancienne PDG du groupe, marque un resserrement du pilotage stratégique à court terme. Cette configuration pourrait permettre à Eramet de gagner en cohérence décisionnelle dans un contexte où les discussions avec l’État gabonais exigent clarté, rapidité d’exécution et alignement stratégique.
Selon le groupe, le départ de Paulo Castellari est lié à des divergences de méthode et de gouvernance. Si ces divergences relèvent officiellement de considérations internes, elles surviennent néanmoins dans un environnement externe de plus en plus exigeant pour les acteurs miniers, notamment en Afrique, où les États renforcent leurs attentes en matière de transformation locale, de création de valeur et d’industrialisation.
Au Gabon, ces enjeux ont été récemment au cœur d’une réunion en visioconférence entre le ministre des Mines et le directoire du Groupe Eramet. Les échanges ont porté sur les implications concrètes de l’interdiction d’exportation du manganèse brut, les capacités industrielles existantes et les trajectoires d’investissement attendues du groupe français.
Dans ce contexte, la transition managériale en cours chez Eramet pourrait peser sur la recalibration de sa stratégie gabonaise, notamment sur les arbitrages liés aux investissements industriels, aux capacités de transformation locale et aux partenariats avec l’État. La capacité du groupe à s’aligner rapidement sur les nouvelles orientations des autorités gabonaises sera déterminante pour préserver sa position dominante dans le secteur du manganèse.
À moyen terme, la séparation annoncée des fonctions de président et de directeur général, une fois un nouveau dirigeant nommé, devra également rassurer les partenaires institutionnels et les autorités gabonaise sur la stabilité de la gouvernance du groupe. Pour Eramet, l’enjeu est désormais de transformer cette phase de transition en opportunité stratégique, dans un contexte où le Gabon affirme plus que jamais sa volonté de reprendre la main sur la valorisation de ses ressources naturelles.
