Afrique Centrale : Face au risque de dévaluation, le FMI convoque une conférence des Chefs d’Etat de la CEMAC
Sous la menace d’une dévaluation du franc CFA notamment pour cause de baisse des réserves de change et de surendettement de certains Etats de la zone CEMAC, le FMI veut mettre les pays de la sous-région sous-programme d’ajustement structurel.
L a session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’État de la CEMAC, prévue le 22 janvier 2026 à Brazzaville, interviendra dans un contexte critique marqué par une prévision de baisse du taux de croissance de 2,4% en 2025 contre 2,7% en 2024, des tensions budgétaires accrues, une chute du taux de couverture de la monnaie de 74,9% à 67% en 2025 indiquant une érosion des réserves de change et un endettement souverain excessif dans la zone bien que l’inflation se stabilise à 2,7%. Précédée par la réunion en visioconférence du Comité ministériel de l’UMAC, la rencontre de Brazzaville visera à examiner la situation économique, financière et monétaire ainsi qu’à définir des mesures urgentes face aux défis régionaux. Cet article analyse les enjeux majeurs de ce sommet, en s’appuyant sur les dynamiques observées récemment dans la sous-région.
Contexte économique tendu : Les réserves de change de la CEMAC subissent une accentuation de leur érosion, aggravée par les importations non régulées et les dépenses électorales en devises étrangères, notamment pour l’achat de matériels de campagne auprès de fournisseurs chinois. Malgré des projections de la BEAC et du FMI indiquant une couverture des importations autour de 4,25 mois fin 2025, le risque d’un choc monétaire dès le premier trimestre 2026 plane, avec des menaces sur la convertibilité du franc CFA liée au compte d’opérations au Trésor français. Les réformes économiques recommandées par le FMI et réitérées lors des sommets de Yaoundé (2019 et 2024) avancent lentement, ne concernant pleinement qu’un seul pays membre sur six.
Endettement souverain alarmant : Le Congo et le Gabon figurent parmi les plus endettés, avec des ratios dépassant 70% du PIB, bien au-delà des normes de convergence communautaire de la CEMAC. Au Congo, les dettes envers la BEAC et les banques locales sont critiques, l’État imposant aux établissements de crédit une participation forcée au paiement des salaires des fonctionnaires, tandis qu’une mission de la COBAC est en cours à Brazzaville pour évaluer la situation. La Guinée Équatoriale et le Tchad affichent des baisses budgétaires respectives de 8% et 6% pour 2026, signalant une contraction des ressources publiques dans un contexte de volatilité des prix des hydrocarbures.
Endettement souverain alarmant : Le Congo et le Gabon figurent parmi les plus endettés, avec des ratios dépassant 70% du PIB, bien au-delà des normes de convergence communautaire de la CEMAC. Au Congo, les dettes envers la BEAC et les banques locales sont critiques, l’État imposant aux établissements de crédit une participation forcée au paiement des salaires des fonctionnaires, tandis qu’une mission de la COBAC est en cours à Brazzaville pour évaluer la situation. La Guinée Équatoriale et le Tchad affichent des baisses budgétaires respectives de 8% et 6% pour 2026, signalant une contraction des ressources publiques dans un contexte de volatilité des prix des hydrocarbures.
Enjeux du sommet de Brazzaville : Ce sommet extraordinaire, convoqué par le Chef de l’Etat congolais, Denis Sassou Nguesso en sa qualité de président en exercice, pourrait constituer un ultime appel à l’ordre avant une crise majeure, potentiellement une dévaluation du FCFA ou des restrictions monétaires draconiennes. Les Chefs d’État devront prioriser l’application effective du Programme des réformes économiques et financières (PREF-CEMAC), la diversification économique au-delà des hydrocarbures, et un contrôle strict des sorties de devises pour préserver les réserves. Sans décisions décisives, la sous-région risque une instabilité accrue, impactant la croissance, l’inflation et la confiance des investisseurs.
