Arrestation à haut risque de Marcel Libama : un couteau à double tranchant
Selon la Constitution gabonaise et la Loi portant statut général de la Fonction publique reconnaissent que les retraités conservent leurs droits à l'exercice syndical passif (adhésion, soutien moral), mais pas nécessairement à diriger des actions collectives impliquant des agents en service actif, car ils ne sont plus soumis à la discipline ni aux obligations de réserve des fonctionnaires.
M arcel Libama, leader du mouvement SOS Éducation, est un enseignant à la retraite et figure syndicale gabonaise reconnue pour son militantisme en faveur des droits des enseignants. Son interpellation le 19 janvier 2026 par les forces de sécurité, liée à des soupçons d'activités subversives dans le contexte d'une grève prolongée, soulève des risques majeurs de radicalisation et d'escalade sociale. Cette arrestation pourrait transformer un mouvement de grève pacifique en une mobilisation plus agressive.
Contexte syndical: Marcel Libama dirige SOS Éducation, un mouvement actif dans la crise éducative gabonaise marquée par des grèves récurrentes pour la régularisation des carrières et des conditions de travail. Les enseignants dénoncent l'inaction gouvernementale, avec des pressions comme des suspensions de salaires et des intimidations signalées. Son passé d'ancien député de transition et porte-parole de Brice Clotaire Oligui Nguema amplifie sa visibilité politique.
Risques de radicalisation : L'arrestation d'un leader charismatique comme Libama risque de radicaliser les enseignants en grève, en alimentant un sentiment d'injustice et de répression syndicale. Historiquement, ses interpellations passées (2020, 2022) ont provoqué des réactions collectives, comme des appels à mobilisation nationale et des exigences de libération par des confédérations comme Dynamique Unitaire ou Conasysed. Cela pourrait mener à une désobéissance civile accrue, avec arrêts de cours généralisés et manifestations violentes.
Escalade des tensions sociales : Cette mesure pourrait accentuer les tensions dans un Gabon fragilisé par des crises éducatives récurrentes, potentiellement paralysant le système scolaire et affectant des milliers d'élèves. Les revendications, centrées sur le droit de grève constitutionnel, pourraient s'étendre à la société civile, risquant des troubles urbains à Libreville ou Franceville. Sans dialogue rapide, le gouvernement s'expose à une perte de légitimité et à une contagion vers d'autres secteurs.
Droit syndical général : La Constitution gabonaise et la Loi portant statut général de la Fonction publique reconnaissent le droit syndical à tous les fonctionnaires, y compris retraités, avec liberté d'association et d'expression. Les retraités conservent leurs droits à l'exercice syndical passif (adhésion, soutien moral), mais pas nécessairement à diriger des actions collectives impliquant des agents en service actif, car ils ne sont plus soumis à la discipline ni aux obligations de réserve des fonctionnaires.
Limites pour retraités : Un enseignant retraité comme Marcel Libama ne peut légalement pas exercer de mandat syndical actif au sein d'un syndicat d'agents publics non retraités, selon la jurisprudence et la pratique (loi sur les syndicats n°14/62 modifiée). Son rôle se limite à des associations ou mouvements citoyens comme SOS Éducation, sans prérogatives de négociation collective pour des grévistes actifs. Influencer ou "mener" une grève expose à des accusations de subversion ou entrave à la liberté du travail (Code pénal, art. 272).
Implications pratiques : Marcel Libama a été interpellé précisément pour ce motif, sa légitimité étant contestée en tant que retraité influençant des enseignants en fonction. Les tribunaux gabonais ont déjà sanctionné des cas similaires, priorisant la distinction retraités/actifs pour éviter les abus. Un recours en légalité syndicale pourrait être intenté, mais le gouvernement invoque souvent la préservation de l'ordre public.
