Le Gabon a subi un camouflet à la CEEAC : Ajournement de la candidature du Général Yves-Marcel Mapangou au poste de Commissaire aux Affaires Politiques.
Un recul notable de la diplomatie gabonaise sur la scène sous-régionale, menaçant le leadership traditionnel et le rôle d’arbitre que le Gabon prétendait incarner.
L e 16 janvier s’est tenu, à Malabo en Guinée Equatoriale, le conseil des ministres préparatoire à la 9ème session extraordinaire des Chefs d’Etat de la CEAAC consacré à la désignation des nouveaux commissaires et autres responsables de cette institution sous-régionale dont les choix provisoires doivent être entérinés par la conférence des Chefs d’Etat. Pour la deuxième fois, le Gabon risque encore d’être écarté du Directoire de la CEEAC dont le siège est à Libreville au Gabon. En concurrence avec le candidat de la RCA qui à la préférence du cabinet de recrutement et d’une partie des membres de la CEEAC, la candidature gabonaise sera à nouveau soumise lors de la session extraordinaire des Chefs d’Etats prévue cette semaine par vidéo-conférence.
Lors du conseil des ministres de la CEEAC de ce 16 janvier, il ressort avec amertume que la délégation gabonaise a subi une déconvenue diplomatique majeure au sein de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) dont les membres n’ont pas validé le candidat présenté par le Gabon au poste de Commissaire aux Affaires Politiques en la personne du Général Yves-Marcel Mapangou,
Précédemment, la 8e session extraordinaire de la conférence des Chefs d’État et de Gouvernement, tenue le 7 septembre 2025 à Malabo, avait déjà reporté la désignation des nouveaux membres de la commission en raison de réclamations des États membres. Malgré un délai supplémentaire de 45 jours accordés au cabinet chargé du recrutement, la désignation finale, prévue lors du conseil des ministres préparatoire du 16 janvier 2026, révèle aujourd’hui l’étendue des faiblesses stratégiques gabonaises.
Le principe initial affiché priorisait la représentation des États jusque-là exclus de la première commission, une opportunité idéale pour le Gabon. En effet, notre pays n’était pas représenté dans cette première mandature. Ce contexte offrait une fenêtre d’influence majeure. Hélas, la réalité politique a éclipsé cette règle, plongeant la répartition des postes dans un jeu d’alliances, de négociations et de stratégies politiciennes, où le Gabon s’est montré incapable de manœuvrer efficacement.
Le Gabon s’est en effet rigidement accroché au poste de Commissaire aux Affaires Politiques, Paix et Sécurité, pilier stratégique majeur au sein de la CEEAC. Ce choix exclusif pour placer le Général Yves-Marcel Mapangou, candidat mal coté auprès du cabinet de recrutement et des autres États membres, démontre une myopie diplomatique dangereuse. Le Gabon, loin de négocier ou de prospecter d’autres postes de responsabilité, s’est enfermé dans une stratégie illusoire, assujettie à un lobby personnel insuffisant pour peser dans le compromis régional.
Le conseil des ministres s’est finalement achevé dans la nuit de ce 17 janvier, sans avancée décisive pour le Gabon, laissant la présidence en exercice trancher ce week-end entre la République Centrafricaine et le Gabon pour le poste clé. La répartition finale dévoile un Gabon suspendu au poste de Commissaire aux Affaires politiques tandis que des pays comme le Tchad, l’Angola, le Congo, la RDC, le Cameroun ou Sao-Tomé et Principe se sont positionnés avec pragmatisme et rouerie, s’octroyant des départements essentiels : Vice-Présidence, Marché Commun, Département de l’Aménagement du Territoire et des Infrastructures (DATI), Département Environnement, Département du Développement Humain, Département Développement Humain, Genre et Education ainsi que le poste de Conseiller juridique. Paradoxalement, notons que le seul poste de responsabilité du Gabon qui reste au Gabon au sein de la CEEAC est celui de contrôleur financier dont le mandat s’achèvera dans deux ans. Cela souligne un déficit d’influence patent, renforcé par une diplomatie peu adaptable, manquant cruellement de vision globale et de souplesse politique. En refusant de diversifier ses approches et en s’acharnant sur un unique dossier mal fondé, la diplomatie gabonaise a sacrifié son avenir dans une institution régionale incontournable.
Alors que plusieurs États membres bâtissent des alliances solides et multiplient leurs points d’ancrage institutionnels, le Gabon a démontré une stratégie figée, déconnectée des réalités politiques régionales. Ce manque d’agilité signe un recul notable sur la scène sous-régionale, menaçant le leadership traditionnel et le rôle d’arbitre que le Gabon prétendait incarner. La conférence des chefs d’État et de gouvernement, attendue en visioconférence ce 24 janvier, pourrait arbitrer les résultats provisoires arrêtés par le conseil des ministres de la CEEAC, sera un nouveau test. Il reste à espérer qu’un dernier sursaut diplomatique modifie la donne. Sinon, cette séquence politique représente un avertissement brutal sur la nécessité impérieuse pour la diplomatie gabonaise de se réinventer, adopter la flexibilité stratégique et une diplomatie d’influence réellement opérante pour préserver ses intérêts majeurs au sein de la CEEAC.
En conclusion, la rigidité et l’obstination du Gabon dans la course aux postes de la CEEAC exposent au grand jour les failles d’une diplomatie trop dépendante d’intérêts personnels et insuffisamment pragmatique. Face à des acteurs mieux préparés et plus flexibles, le Gabon risque d’être relégué au second plan, perdant peu à peu la maîtrise des leviers d’influence régionaux qui ont fait sa force. Ce revers appelle une remise en cause urgente des stratégies, la modernisation des réseaux d’influence et une ouverture à des alliances plus larges et efficaces au cœur de la CEEAC.
