Un Gouvernement pléthorique de 30 ministres en pleine crise de la dette publique : Quand la politique prime sur le bon sens socio-économique.
La multiplication des portefeuilles ministériels va considérablement gonfler les dépenses publiques.
C e jeudi 1er janvier 202, le secrétaire général de la Présidence de la République a solennellement dévoilé la composition d’un nouveau gouvernement gabonais constitué de 30 ministres. Cette décision, lourde de conséquences, suscite une vague d’incompréhension et de critiques acerbes au sein d’une population gabonaise exsangue, qui appelle urgemment à une meilleure maîtrise des charges de fonctionnement de l’État.
Un gouvernement pléthorique de 30 ministres en pleine crise de la dette publique, c’est un non-sens flagrant et un aveu inquiétant d'irresponsabilité. Alors que les ressources publiques devraient être rigoureusement optimisées pour répondre aux besoins essentiels de la population, l’État choisit de multiplier les portefeuilles ministériels, gonflant artificiellement les dépenses. Cette inflation bureaucratique n’est pas une solution, mais une entrave à la vitalité économique du Gabon.
Les conséquences financières sont colossales. Chaque ministre entraîne avec lui une armée de collaborateurs, de conseillers, de chauffeurs, et de frais annexes (voitures de fonction, voyages, indemnités, logistique). La masse salariale explose alors même que le déficit budgétaire s’accroît. Ce gouvernement pléthorique engloutit des dizaines de milliards de francs CFA qui auraient pu être investis en priorité dans l’éducation, la santé, les infrastructures ou la relance économique.
De plus, cette multiplication des ministères créent une confusion institutionnelle. La redondance des compétences, la multiplication des égos et luttes internes ralentissent la prise de décision et diluent la responsabilité. Le résultat ? Un fonctionnement étatique inefficace, un cloisonnement des actions et une perte claire de cap politique.
À l’heure où la modernisation de l’État appelle à la rationalisation, à la réduction des dépenses inutiles et à la fluidité administrative, on assiste ici à un retour en arrière, loin des bonnes pratiques de gouvernance. Ce gouvernement pléthorique relève plus d’un instrument politicien destiné à satisfaire des clientèles partisanes qu’une réelle volonté d’amélioration des conditions de vie des Gabonais.
Le cynisme de cette démarche est d’autant plus criant que la fracture sociale ne cesse de s’aggraver, que le chômage augmente et que la pauvreté touche une grande partie de la population. Le message envoyé est clair : la classe politique gabonaise s’enferme dans le confort de ses privilèges tandis que le citoyen lambda subit les conséquences d’une gestion budgétivore.
Face à cet affront, la société civile et l’opinion publique exigent plus qu’un simple maquillage ministériel. Ils réclament une véritable réforme structurelle, une réduction drastique des dépenses de fonctionnement, une meilleure transparence, et surtout, une administration publique au service des Gabonais et non d’une élite politique détachée des réalités.
Il est urgent que les dirigeants prennent conscience que l’avenir du Gabon ne se construira pas avec un gouvernement pléthorique et budgétivore, mais avec une équipe resserrée, compétente, et résolument engagée dans la réforme profonde de l’État et la justice sociale. Le Gabon mérite mieux que ce gaspillage outrageux des deniers publics.
