Le retour des crimes rituels mobilise le Conseil National des Rites et Traditions
Entre Appel solennel à la justice, accusations délicates et menaces de mort.
L a résurgence des crimes rituels, phénomènes tragiques qui ont endeuillé de nombreuses familles sous l’ancien régime, alarme la population gabonaise. Face à cette peur grandissante, Xavier Ndong Ndong, président du Conseil national des rites et traditions du Gabon (CNRTG), dénonce avec véhémence une campagne ciblée contre son institution et la communauté des « Nganga », gardiens des traditions ancestrales.
Selon Ndong Ndong, il s’agit d’une démarche malveillante visant à stigmatiser les rites traditionnels gabonais, alors que ceux-ci sont au contraire « des défenseurs de la vie ». Il rappelle que le CNRTG, créé en octobre 2023, a pris des mesures strictes en interdisant l’entrée des marabouts et féticheurs étrangers, pour mieux contrôler et encadrer ces pratiques.
Face aux récents drames, le président du CNRTG exprime ses condoléances aux familles touchées et lance un appel pressant aux autorités judiciaires pour la réouverture des enquêtes sur les crimes rituels. « La vérité doit éclater », insiste-t-il, condamnant fermement le sacrifice inutile de vies gabonaises : « Verser le sang gratuitement, c’est terminé ! ».
Xavier Ndong Ndong inscrit cette problématique dans le cadre d’une crise multidimensionnelle affectant le Gabon : politique, économique et sociale. La rareté des ressources financières et les difficultés du quotidien créent un terrain propice aux tensions. Il dénonce également des actions malveillantes de certains compatriotes qui, selon lui, financeraient des lobbyistes pour freiner les investissements étrangers et ternir l’image économique du pays.
Le président du CNRTG cible par ailleurs le journaliste Jonas Moulenda, qu’il accuse de tenir des propos graves et calomnieux contre lui et le Conseil. Il exige des excuses publiques sous peine de mesures fermes le visant personnellement, affirmant vouloir faire de lui « un exemple ». Il souligne que ce genre d’accusations ne fait qu’alimenter la peur et diviser la société gabonaise. Cette prise de position vigoureuse de Xavier Ndong Ndong met en lumière la sensibilité des questions rituelles au Gabon et l’urgence d’un dialogue apaisé entre les différentes composantes de la société pour restaurer confiance et sérénité.
