Déguerpis sans rien : les populations appellent le gouvernement à rectifier le cap
Démolir sans reloger ou dédommager, c'est piétiner la dignité car l'aménagement urbain ne doit pas être une punition
D e Carrefour SNI à Nzeng-Ayong, en passant par Okala, Diba-Diba et le lac-bleu, des familles entières dénoncent un déguerpissement sans aucun accompagnement. Le même scénario se répète de quartier en quartier. Des maisons démolies, des familles jetées à la rue qui denoncent l'absence d' indemnisation ou de relogement. Face au désarroi des populations, l’appel monte : le gouvernement doit rectifier le cap.
Les populations déguerpies racontent des vies brisées en quelques heures. Des maisons construites après des années d’efforts, des commerces anéantis, des enfants sans toit, des personnes âgées sans repère. Aucun dédommagement annoncé, aucun site de relogement proposé, aucun accompagnement social mis en place pour amortir le choc.
Ce n’est plus un cas isolé, c’est une méthode qui s’installe et qui piétine la dignité des Gabonais. On ne construit pas une ville moderne en laissant des familles dormir dehors. On ne refonde pas un pays en abandonnant ses propres citoyens au moment où ils ont le plus besoin de l’État.
Le gouvernement doit rectifier le cap. Avant toute démolition, il faut un recensement transparent, un dédommagement juste et un relogement digne. C’est la condition pour que l’aménagement urbain cesse d’être vécu comme une punition et redevienne un projet au service des populations.
