COSUMAF : la CEMAC libère le placement privé pour financer l'économie réelle
A propos du marché financier sous-régional, le nouveau règlement COSUMAF entre en vigueur le 1er novembre
F inancement, la COSUMAF libère le placement privé, mais pour qui vraiment ? Avec sa réforme du placement privé, la COSUMAF veut concurrencer la banque car la fin du plafond pourrait constituer une bouffée d'air pour les entreprises de la CEMAC.
C'est la réforme la plus structurante du marché primaire CEMAC depuis 2022. Réuni le 7 octobre 2026 à N'Djamena, le Comité ministériel de l'UMAC a adopté à l'unanimité un règlement modifiant les articles 88 à 91 du Règlement de 2022 portant organisation du marché financier. Proposé par la COSUMAF, le texte a été publié le 13 octobre et entre en vigueur le 1er novembre 2026. L'objectif : débloquer le financement des entreprises sans passer par l'appel public à l'épargne, une procédure lourde et peu utilisée.
évolutions majeures : 1. Fin du plafond de 20 milliards. Jusqu'ici une entreprise ne pouvait lever que 20 milliards FCFA sur 12 mois en placement privé. L'article 88 nouveau est clair : « Les opérations de placement privé ne sont soumises à aucune limitation de montant ». 2. De 40 à 99 investisseurs. Le cercle des investisseurs qualifiés passe de 40 à 99 par opération, avec un ticket minimal abaissé à 10 millions FCFA contre 50 millions auparavant. 3. Une vraie seconde vie pour les titres. C'est le changement le plus technique. Les titres ne restent plus enfermés chez les souscripteurs initiaux. Ils peuvent être cédés entre investisseurs qualifiés, mais uniquement sur un compartiment dédié de la BVMAC.
4. Garde-fous et ouverture. Pour éviter le contournement de l'appel public, un émetteur est limité à deux émissions par placement privé sur 24 mois glissants. L'enregistrement auprès de la COSUMAF reste obligatoire mais n'est qu'un contrôle de conformité, pas une validation économique. Le marché s'ouvre aussi aux émetteurs hors CEMAC sous réserve de la réglementation des changes. Analyse : un outil pour ETI, pas pour TPE La COSUMAF lève un verrou réglementaire, pas un verrou commercial. Avec 99 investisseurs à 10 millions minimum, un tour de table complet pèse autour de 990 millions FCFA. La cible est l'entreprise structurée capable de produire des comptes auditables. Le dispositif, consulté du 7 au 16 juillet auprès du marché, clarifie aussi la notion d'investisseur qualifié : banques, assurances et fonds le sont de plein droit, les autres doivent justifier de 50 millions de patrimoine net ou 250 millions de capitaux propres. Pour les PME gabonaises ou camerounaises, la réforme offre une alternative crédible à la dette bancaire. Pour la BVMAC, elle crée enfin un compartiment privé liquide. Reste à convaincre les 99 investisseurs qualifiés de dire oui.
