Audience accordée au PDG à la Présidence : Justine Lekogo et Geoffroy Foumboula interpellent
Polémique après la réception du PDG au Palais de la République
T enue de parti au Palais de la République, l'audience du PDG fait polémique. Le Palais appartient au peuple : une députée UDB recadre la réception du PDG.
L'audience accordée par le Président Brice Clotaire Oligui Nguéma à des responsables du Parti Démocratique Gabonais (PDG), parti de l'ancien président Ali Bongo, suscite des critiques. Deux personnalités ont publiquement fait part de leur malaise. Justine Lekogo, députée du parti présidentiel UDB, estime que "le Palais de la République n'est pas le siège d'un parti politique". Dans un texte diffusé ce jeudi, elle s'interroge sur le conseil donné au Chef de l'État de recevoir des militants en nombre, avec les couleurs et les signes distinctifs de leur formation.
"Lorsqu'on est reçu au Palais présidentiel, on est reçu par le Président de la République. À cet instant, il n'est ni le président de l'UDB, ni le responsable d'une formation politique, ni le chef d'un camp. Il est le président de tous les Gabonais", écrit-elle. Pour l'élue, le problème n'est pas vestimentaire mais institutionnel. Elle voit dans cette mise en scène une confusion entre l'État et le parti qui rappelle les pratiques dénoncées avant le 30 août 2023. "Nous avons cru au 30 août comme à une occasion historique de changement. Lorsque nous assistons à des scènes qui rappellent autant les pratiques que nous dénoncions, nous sommes en droit de nous interroger : qu'avons-nous réellement changé ?"
Même tonalité chez Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, vice-président du CESEC, qui titre : "Peut-on être reçu en tenue de parti politique au sein de l'administration Présidence de la République ? NON !" Pour l'acteur civique, la Présidence est une administration impersonnelle et non partisane. "Le PDG, même s'il devait être reçu, ne peut l'être en tenue de leur parti politique", affirme-t-il, soulignant que de mémoire, ni Omar Bongo ni Ali Bongo n'avaient reçu le PDG en tenue partisane au Palais. Il s'interroge également sur l'intérêt national de la rencontre pour justifier sa diffusion au journal national. Les deux intervenants précisent qu'ils ne demandent pas l'exclusion du PDG, qui a le droit d'exister et de tenir son congrès, mais réclament le respect des institutions et l'application des mêmes règles de neutralité à toutes les formations politiques.
