Gabon : la Banque mondiale alerte sur l’urgence d’assainir les finances publiques
Face à l’aggravation des risques budgétaires et à la pression de la dette, l’institution de Bretton Woods préconise un retour à la discipline budgétaire, une mobilisation accrue des recettes fiscales et une gestion plus transparente de l’endettement public.
L a Banque mondiale identifie la maîtrise des finances publiques et la soutenabilité de la dette comme des défis majeurs pour le Gabon. Elle appelle à des réformes structurelles afin de rétablir les équilibres budgétaires et de préserver les marges de manœuvre financières de l’État.
Les finances publiques gabonaises sont confrontées à une équation de plus en plus préoccupante. Dans son analyse, la Banque mondiale souligne l’urgence de contenir les risques budgétaires et ceux liés à l’endettement, devenus des enjeux majeurs pour la stabilité économique du pays.
Au cœur des recommandations figure le rétablissement de la discipline budgétaire. Il s’agit notamment de mieux maîtriser les dépenses publiques, en veillant à ce que les engagements de l’État restent compatibles avec ses capacités réelles de financement. Autrement dit, les ambitions de dépenses ne peuvent durablement dépasser les ressources disponibles sans accentuer les tensions sur le budget et le recours à l’emprunt.
L’institution insiste également sur la nécessité de renforcer la mobilisation des recettes fiscales. Pour le Gabon, l’enjeu consiste à élargir l’assiette fiscale, à améliorer le recouvrement des impôts et à réduire les pertes de recettes, afin de diminuer la dépendance à l’endettement pour financer les politiques publiques.
Autre priorité : améliorer la transparence et la gestion de la dette. Une meilleure traçabilité des engagements financiers, une information budgétaire plus fiable et une anticipation rigoureuse des échéances de remboursement sont indispensables pour prévenir les tensions de trésorerie et préserver la crédibilité financière de l’État. Au-delà du diagnostic, le message de la Banque mondiale pose une question fondamentale de gouvernance : comment financer durablement le développement sans compromettre les équilibres financiers du pays ? La réponse suppose des arbitrages budgétaires rigoureux, une plus grande efficacité de la dépense publique et une gestion responsable de l’endettement. Pour les autorités gabonaises, l’urgence n’est donc pas seulement de trouver de nouvelles ressources ou de mobiliser des financements supplémentaires. Elle consiste aussi à restaurer la cohérence entre les recettes, les dépenses et les engagements de l’État. C’est à cette condition que le budget pourra redevenir un véritable instrument de développement plutôt qu’une source croissante de vulnérabilité économique.
