Gabon : 71 permis miniers retirés, l’État reprend la main sur les titres aurifères
Après un audit de plus de trois mois, le ministère des Mines annonce le retrait de 71 permis, dont 48 titres de recherche et 23 d’exploitation, répartis dans huit provinces du Gabon.
L e Gabon a retiré 71 permis miniers à l’issue d’un audit portant sur la conformité réglementaire, les capacités techniques et la solidité financière des opérateurs. Les titres concernés retournent dans le domaine public de l’État, dans un contexte de renforcement du contrôle du secteur minier. Les modalités d’une éventuelle réattribution et les motifs détaillés des retraits restent des points à clarifier.
LIBREVILLE, 20 octobre 2026 Le Gabon engage une nouvelle étape dans le contrôle de ses ressources minières. À l’issue d’un audit conduit du 29 juin au 16 octobre 2026, le ministère des Mines et des Ressources géologiques a annoncé le retrait de 71 permis du portefeuille de plusieurs opérateurs et leur retour dans le domaine public de l’État. La décision, rendue publique le 19 octobre, concerne deux catégories de titres : 48 permis de recherche et 23 permis d’exploitation. Elle s’inscrit dans le cadre du renforcement des contrôles sur les activités minières, notamment aurifères, après la suspension des activités d’exploitation aurifère en petite mine décidée en juin dernier.
Les vérifications menées par l’administration ont porté sur la régularité des titres miniers, les capacités techniques des sociétés détentrices et leur solidité financière. Selon les informations communiquées par le ministère, plusieurs opérateurs ne satisfaisaient pas aux exigences légales et réglementaires applicables au secteur. Les permis concernés sont répartis dans huit provinces du pays, notamment l’Ogooué-Ivindo, la Ngounié, le Woleu-Ntem, le Haut-Ogooué, l’Ogooué-Lolo, l’Estuaire, le Moyen-Ogooué et la Nyanga. Cette mesure remet ainsi à la disposition de l’État des titres qui pourront, sous réserve des procédures applicables, faire l’objet de nouvelles décisions administratives.
Pour les autorités, l’objectif est de mieux encadrer l’attribution et l’utilisation des permis, tout en s’assurant que les opérateurs disposent des moyens nécessaires pour respecter leurs engagements. Cette opération intervient également dans un contexte de réflexion sur l’évolution du Code minier gabonais. La révision annoncée du cadre réglementaire doit contribuer à renforcer le suivi des titres et les mécanismes de contrôle du secteur. Toutefois, plusieurs questions restent importantes : les motifs précis du retrait de chaque permis, les modalités d’une éventuelle réattribution et les garanties de transparence entourant les prochaines décisions. Le retour de ces 71 titres dans le domaine public constitue donc une étape administrative majeure. La portée économique de cette décision dépendra désormais du suivi des permis concernés et de la capacité de l’État à faire respecter durablement les obligations imposées aux futurs titulaires.
