Le paradoxe de l’économie gabonaise : la hausse pluriannuelle de la richesse nationale contraste avec la baisse continue du niveau de vie de la population gabonaise.
Selon le Groupe Banque Mondiale, la richesse nationale du Gabon, capital naturel, humain et physique compris, a augmenté de 35 % entre 1995 et 2020 mais parallèlement la richesse par habitant a diminué de 34,7 %.
C e rapport du Groupe Banque Mondiale nous enseigne qu’entre 1995 et 2020, richesse nationale, le Gabon a vu son capital global — incluant le capital naturel, humain et physique — croître de 35 % entre 1995 et 2020, pour atteindre 105 milliards de dollars en dollars réels chaînés à 2019 (soit environ 65 508 milliards de francs CFA). Cette richesse est dominée par le capital naturel, qui représente 42 % du total, suivi du capital humain (31 %) et du capital physique (27 %).
Parallèlement, la Banque Mondiale nous apprend que, sur la même période, pendant que la valeur de la richesse produite sur le territoire nationale s’est accrue de 35%, la misère sociale de la population gabonaise a augmenté de 34,7%.
Autrement dit, les richesses nationales du Gabon profitent essentiellement aux multinationales étrangères telles que Eramet via la Comilog, TotalEnergy, Perenco, Rougier, Maurel & Prom, Olam-GSE-Arise, Maroc Telecom via Gabon Télécom, le groupe marocain Attijariwafa Bank via l’UGB, Bolloré Transport & Logistics via le Port de Libreville ou le Groupe ivoirien Atlantique Financial Groupe via AFG Bank Gabon (Ex-BICIG) et la liste est longue.
Dès lors, via ce rapport de la Banque Mondiale, les gabonais peuvent constater que que les intérêts étrangers encaissent le jackpot au Gabon pendant que 40% de la population gabonaise continue de vivre avec une misère de moins de 1 dollar US (623 franc cfa) par jour.
C’est entre autres pour cette raison que le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma promeut une politique de « souveraineté économique » à travers par exemple le rachat de la société pétrolière Assala, l’interdiction d’exporter le manganèse brut à partir du 1er janvier 2029, la nationalisation des postes des Directeurs Généraux dans les Banques résidentes ou la création des futures centrales d’achat.
Désormais, pour la signature de contrat d’exploitation de ressources naturelles, le Chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguéma exige de meilleures rémunérations pour l’Etat gabonais via un partenariat public-privé gagnant-gagnant ainsi qu’un minimum de transformation des matières premières sur le territoire national pour multiplier la valeurs ajoutés nationale et développer les chaines de production y compris via l’interdiction d’importation de volailles à partir du 1er janvier 2027.
Fort de cette stratégie économique ambitieuse, le Président de la République Brice Clotaire Oligui Nguéma et son Ministre de l’Economie et des Finances, Henri-Claude OYIMA comptent porter le taux de croissance de 2,9% en 2024 à 6,5% en 2026 par l’entremise d’une hausse des recettes propres de l’Etat à 4153 milliards en 2026 tout en donnant un coup d’accélérateur sur le multiplicateur d’investissement qui passera à 2119 milliards franc cfa au titre de l’exercice 2026 suivant le projet de loi de finance y relatif.
