Gabon : cinq ans d’expérience et un diplôme exigés, la carte de presse face au défi de l’exclusion
Carte de presse au Gabon : entre exigences de qualification et reconnaissance de l’expérience acquise sur le terrain, les critères d’attribution relancent le débat sur l’accès à la profession.
L a Direction générale de la Communication ouvre, du 19 au 23 octobre 2026, les dépôts de candidatures pour la carte professionnelle de presse. Les conditions annoncées, notamment un diplôme en journalisme ou équivalent et cinq années d’expérience continue, interrogent sur la place accordée aux journalistes formés sur le terrain et aux parcours professionnels atypiques.
Cinq ans de pratique continue, un diplôme en journalisme ou équivalent et plusieurs pièces administratives : les conditions annoncées pour obtenir la carte professionnelle de presse au Gabon soulèvent des interrogations sur l’accès à cette reconnaissance officielle. À quelques jours de l’ouverture des dépôts, prévue du 19 au 23 octobre 2026, une question mérite d’être posée : comment reconnaître les professionnels du métier sans pénaliser des parcours atypiques, notamment ceux de journalistes formés sur le terrain ?
La Direction générale de la Communication invite les journalistes et les professionnels du cinéma à déposer leurs dossiers en prélude à la session de la Commission nationale annoncée le 26 octobre à Libreville. Parmi les exigences figurent un diplôme délivré par une école supérieure de journalisme ou un titre équivalent, ainsi qu’un justificatif d’au moins cinq années de pratique continue dans un organe de presse ou une structure cinématographique. Sur le papier, l’objectif de professionnalisation peut se comprendre. Le journalisme exige des compétences, une déontologie et un sens des responsabilités. Mais l’application de ces critères mérite une attention particulière : l’expérience acquise dans les rédactions, les compétences techniques et la qualité du travail fourni ne devraient-elles pas également être prises en considération dans l’évaluation des candidatures ? La question est d’autant plus importante que les médias n’offrent pas tous les mêmes possibilités de formation. Certains professionnels ont appris auprès de rédactions, couvert des événements, produit des reportages et accumulé plusieurs années d’expérience sans nécessairement suivre un cursus spécialisé. Faut-il considérer que leur parcours compte moins, ou prévoir des mécanismes permettant d’évaluer leurs compétences de manière objective ? Les pièces demandées comprennent une demande manuscrite adressée au ministre, une copie légalisée de l’acte de naissance, deux photos récentes, un extrait de casier judiciaire de moins de trois mois et une copie certifiée conforme du diplôme requis. Les candidats doivent également prouver cinq années d’exercice professionnel continu. Au-delà des formalités, l’enjeu est celui de l’équité et de la transparence. Les critères de sélection, les justificatifs acceptés pour démontrer l’expérience et les modalités d’examen des dossiers devraient être clairement expliqués afin d’éviter les incompréhensions et les traitements inéquitables. Les dossiers sont attendus du 19 au 23 octobre à la Direction générale de la Communication, au ministère de la Communication et des Médias, porte 106, à Libreville. La session de la Commission nationale est annoncée pour le 26 octobre
Professionnaliser le journalisme est une nécessité. Mais cette ambition doit aussi permettre de reconnaître les compétences réelles, de clarifier les règles et de garantir que la carte professionnelle ne devienne pas un obstacle injustifié pour ceux qui exercent effectivement le métier.
