Makokou : un arrêté municipal pour freiner les ventes de parcelles aux étrangers
À Makokou, Jean Rita Milagolo affirme que la municipalité s’oppose à la vente de terrains aux étrangers et appelle les propriétaires à assumer leurs responsabilités. La plateforme Métandou Mia Mékambo réclame des contrôles renforcés et des sanctions.
L a vente de terrains à des étrangers suscite le débat à Makokou, dans l’Ogooué-Ivindo. La mairesse affirme qu’un arrêté municipal vise à empêcher ces transactions. De son côté, la plateforme Métandou Mia Mékambo estime que les vendeurs locaux doivent également répondre de leurs actes et demande des mécanismes de contrôle plus efficaces. La portée juridique de l’arrêté et les règles foncières applicables restent des éléments essentiels à examiner.
Alors que les débats sur l’acquisition de terres par des étrangers alimentent les discussions au Gabon, la maire de Makokou, Jean Rita Milagolo, affirme que la municipalité a pris des mesures pour s’opposer à ces transactions. Une position qui relance la question du contrôle foncier et de l’application des décisions locales. À Makokou, dans la province de l’Ogooué-Ivindo, la vente de parcelles à des ressortissants étrangers suscite des interrogations. Face aux critiques visant la municipalité, la maire, Jean Rita Milagolo, a tenu à préciser sa position au cours d’une interview accordée à une radio locale. Selon l’édile, la responsabilité de ces cessions incombe également aux propriétaires qui choisissent de vendre leurs terrains. Elle affirme que la municipalité a pris un arrêté visant à interdire ces opérations et qu’elle a sollicité la collaboration des services provinciaux du Cadastre et de l’Urbanisme pour s’y opposer. La maire soutient ainsi que les autorités municipales ne peuvent être tenues seules responsables de transactions auxquelles participeraient directement des particuliers. Son intervention remet au centre du débat la responsabilité des vendeurs, mais aussi le rôle des administrations chargées de contrôler les opérations foncières.
La plateforme Métandou Mia Mékambo a salué la position de la maire, estimant que les habitants doivent assumer les conséquences de leurs décisions. Pour cette organisation, il existe une contradiction entre dénoncer les acquisitions foncières par des étrangers et leur céder soi-même des parcelles. La plateforme juge toutefois insuffisante une simple consigne adressée aux services du Cadastre et de l’Urbanisme. Elle réclame des mécanismes de contrôle plus efficaces ainsi que des sanctions à l’encontre des personnes impliquées dans les transactions contestées, qu’il s’agisse des vendeurs ou des acheteurs.
Reste une question essentielle : l’arrêté municipal invoqué dispose-t-il d’une base juridique suffisante pour interdire ces ventes et permettre de sanctionner les parties concernées ? La légalité de telles transactions ne peut être établie sur la seule déclaration d’une autorité locale. Elle doit être appréciée au regard des textes fonciers nationaux applicables et des compétences effectivement attribuées à la municipalité. À Makokou, le débat dépasse donc la dénonciation des ventes de terrains. Il pose aussi la question de l’efficacité des contrôles, de la responsabilité des propriétaires et de la capacité des autorités à faire respecter les règles foncières dans un cadre légal clairement défini.
