Augmentation de capital d’Eramet : un coup dur pour l’État gabonais et la famille Duval
L’opération de 500 millions d’euros, pilotée par l’État français, risque de diluer fortement les autres actionnaires et de compromettre le projet d'entrée de l'Etat gabonaise dans capital social du Groupe Eramet.
L ’augmentation de capital d’Eramet annoncée pour le quatrième trimestre 2026, bien qu’indispensable pour renflouer la trésorerie et éloigner un risque de défaut, présente de lourds risques pour l’équilibre actionnarial du groupe. L’État français, en souscrivant massivement et en rachetant les droits préférentiels de souscription détenus par la famille Duval, se positionnera comme premier actionnaire avec jusqu’à 49 % du capital et des droits de vote, fragilisant la participation de la famille historique et évinçant les ambitions de l’État gabonais, qui nourrissait un plan d’entrée directe dans le groupe.
Cette prise de controle de l'État français y compris la dilution menacent la souveraineté stratégique gabonaise sur le gisement de manganèse de moanda qui représente prèsde 25% de la production mondiale actuelle. Pour l’État gabonais, la meilleure stratégie consistait a exiger la transformation locale du manganèse à défaut sécuriser un pacte d’actionnaires solide avant l’opération, en mobilisant des ressources financières ou des partenariats stratégiques afin d’exerce
ses droits de souscription. Une alliance avec d’autres investisseurs souverains ou institutionnels pourrait également renforcer sa capacité à conserver une position significative, garantir sa voix dans la gouvernance, et contrer la mainmise exclusive de
l’État français sur Eramet. Sans une telle stratégie proactive, le Gabon risque de perdre tout contrôle sur un actif minier crucial, au profit des seuls intérêts français.
