« La Mairesse » dans les mains de la justice : quand l’influence devient une vitrine pour les sextoys
Promotion de sextoys sur les réseaux sociaux : l’affaire « La Mairesse » relance le débat sur les limites de la publicité sexuelle au Gabon.
L a créatrice de contenus « La Mairesse » et le responsable de Coquin Shop ont été entendus par la Police judiciaire après la diffusion de vidéos promotionnelles consacrées aux sextoys. Au-delà de la polémique, l’affaire pose la question des limites de la publicité pour les produits sexuels sur les réseaux sociaux et de l’application des règles relatives aux bonnes mœurs.
En faisant la promotion de sextoys sur les réseaux sociaux, « La Mairesse » et Coquin Shop ont ouvert un débat qui dépasse leur seule interpellation : jusqu’où peut aller la publicité pour des produits sexuels dans l’espace numérique gabonais ? Ce qui devait ressembler à une simple opération commerciale s’est transformé en affaire judiciaire. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux pour le compte de Coquin Shop, avec la participation de la créatrice de contenus connue sous le pseudonyme « La Mairesse », ont conduit les intéressés devant le service des mœurs de la Police judiciaire. Dans ces contenus, la créatrice présentait différents sextoys, expliquait leur utilisation et en faisait directement la promotion auprès de son audience. Une stratégie commerciale qui interroge surtout sur les limites de la publicité lorsqu’elle touche à la sexualité et qu’elle est diffusée sur des plateformes accessibles à un large public.
L'affaire met en lumière une zone devenue de plus en plus sensible au Gabon : celle de la monétisation des audiences sur les réseaux sociaux. Pour les commerçants, les influenceurs constituent désormais de puissants relais publicitaires. Mais lorsqu'un produit touche à la sexualité, la promotion ne relève plus seulement d'une question de marketing. Elle peut également se heurter aux règles encadrant les bonnes mœurs et l'exposition publique de certains contenus. C'est précisément sur ce terrain que l'affaire pourrait désormais être examinée.
Contrairement à une vente effectuée dans un commerce spécialisé, une publication sur les réseaux sociaux peut être vue, partagée et commentée par un public beaucoup plus large. La question devient alors simple : une boutique peut-elle commercialiser librement des sextoys tout en utilisant des contenus promotionnels largement accessibles en ligne ? Le Code pénal gabonais prévoit des dispositions relatives aux bonnes mœurs, avec des sanctions pouvant atteindre deux ans d'emprisonnement et 2 millions de FCFA d'amende pour certains faits liés à la diffusion, à la vente ou à l'exposition publique de contenus ou objets concernés.
Selon une source proche du dossier citée par L’Union, « La Mairesse » et le responsable de Coquin Shop pourraient être présentés au parquet de la République. Au-delà du cas individuel de la créatrice de contenus, cette affaire pourrait donc poser une question plus large : où s'arrête la liberté commerciale sur les réseaux sociaux et où commence la responsabilité liée aux contenus diffusés au grand public ?
