Gabon : la rentrée judiciaire 2026-2027 met l’accent sur la rigueur et la probité
À Libreville, la rentrée solennelle de l’année judiciaire 2026-2027 a été marquée par l’installation de nouveaux responsables judiciaires et un appel à davantage d’intégrité, d’impartialité et d’efficacité dans le fonctionnement de la justice.
A près la trêve judiciaire, les cours et tribunaux gabonais ont repris leurs activités lors d’une audience solennelle tenue le 5 octobre 2026 à Libreville. Présidée par Pamphile Moussavou Ibouanga, récemment porté à la tête de la Cour des comptes, la cérémonie a notamment mis en avant les enjeux liés à la qualité des décisions de justice, à leur exécution et au respect des principes éthiques par les magistrats.
La justice gabonaise a officiellement lancé son année judiciaire 2026-2027 ce lundi 5 octobre à Libreville. La cérémonie s’est déroulée en présence du président de la République et président du Conseil supérieur de la Magistrature, Brice Clotaire Oligui Nguema, ainsi que du ministre de la Justice, de plusieurs responsables institutionnels et de membres du corps diplomatique.
Cette rentrée solennelle a également servi de cadre à l’installation de plusieurs hauts responsables. André Wora Alonda prend ainsi la présidence de la Cour de cassation, tandis que Jean-Gaspard Ondo Mintsa est installé comme commissaire général à la Loi près le Conseil d’État. Pamphile Moussavou Ibouanga, pour sa part, a officiellement pris ses fonctions de premier président de la Cour des comptes.
Une justice jugée sur sa qualité Au cours de l’audience solennelle, la procureure générale près la Cour des comptes, Isabelle Rashiwa-Rolago, a insisté sur la nécessité de ne pas mesurer la performance de la justice au seul nombre de dossiers traités.
Les juridictions gabonaises ont enregistré 44 600 nouvelles procédures au cours de l’exercice écoulé, contre 27 505 précédemment, soit une progression importante de l’activité judiciaire. Mais pour le ministère public, cette hausse doit surtout s’accompagner de décisions juridiquement solides, rendues dans des délais raisonnables et effectivement exécutées. L’enjeu est donc de concilier célérité, qualité des décisions et efficacité de leur mise en œuvre, afin de préserver la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire.
Le serment des magistrats remis au centre Dans son intervention, Pamphile Moussavou Ibouanga a, lui aussi, placé cette nouvelle année judiciaire sous le signe de l’éthique. S’appuyant sur les récents travaux disciplinaires du Conseil supérieur de la Magistrature, il a appelé les magistrats à rester attachés aux principes de probité, d’impartialité, de dignité et d’indépendance. Le nouveau premier président de la Cour des comptes a ainsi rappelé que l’autorité judiciaire ne peut pleinement remplir sa mission sans une conduite professionnelle exemplaire de ceux qui l’incarnent.
Cette rentrée judiciaire 2026-2027 apparaît donc comme un appel à renforcer à la fois la performance des juridictions et l’exigence morale de la magistrature, dans un contexte où la confiance du public constitue l’un des principaux défis de l’institution judiciaire.
