Système d'Information Énergétique : La CEMAC passe du diagnostic à l'engagement politique
La validation du Règlement du SIE-CEMAC à Libreville fait passer l'intégration énergétique régionale du discours aux actes
R éunis le 25 septembre 2026 à Libreville, les six Ministres en charge de l'Énergie de la CEMAC ont validé le Règlement Communautaire portant création du Système d'Information Énergétique Communautaire (SIE-CEMAC) et sa feuille de route opérationnelle. Au-delà d'un texte juridique, c'est la fondation d'un bien commun stratégique : des données fiables, harmonisées et sécurisées pour planifier les interconnexions, attirer les investissements et bâtir un véritable marché régional de l'énergie.
LIBREVILLE - La formule du Ministre gabonais Philippe TONANGOYE résume à elle seule des années de blocage : « Pendant des années, chacun des six pays de la CEMAC a compté son énergie avec son propre langage ». Sans référentiel commun, pas de planification d'interconnexion crédible, pas de marché régional. Sous la présidence de Bruno Jean Richard Itoua, Ministre de l'Énergie et de l'Hydraulique du Congo, et en présence du Président de la Commission de la CEMAC, S.E Baltasar ENGONGA EDJO'O et du Directeur Exécutif de l'AFREC, les Ministres ont décidé de mettre fin à cette Tour de Babel.
L'intérêt stratégique : de la donnée à la souveraineté L'enjeu du SIE-CEMAC n'est pas technique, il est éminemment politique et économique. Le projet opère une triple rupture : 1. Un outil de pilotage pour l'intégration. En mutualisant les données et en clarifiant l'ancrage des points focaux nationaux (SIEN), la CEMAC se donne les moyens de créer des synergies durables. L'harmonisation des méthodes, référentiels et formats est la condition préalable à toute interconnexion physique des réseaux. 2. Un levier pour l'investissement. Avec l'appui du programme HISWACA financé par la Banque mondiale, l'objectif est clair : fournir aux décideurs et aux bailleurs une information fiable pour anticiper les besoins, planifier les investissements et sécuriser les projets. On ne finance pas ce que l'on ne peut pas mesurer. 3. Un socle pour la transition numérique et énergétique. Les orientations adoptées – interopérabilité, sécurisation des systèmes, transformation numérique, renforcement des compétences et mécanisme de suivi-évaluation – montrent que le SIE est pensé comme une infrastructure moderne, pas comme une simple base de données.
Avec l'engagement réaffirmé de l'AFREC par son Directeur exécutif Rashid Ali ABDALLAH HAMID à accompagner l'opérationnalisation, Libreville marque le passage du diagnostic aux engagements politiques et financiers.
La prochaine étape, la transmission du Règlement au Conseil des Ministres de l'UEAC pour adoption, sera décisive. Comme l'a conclu le Ministre TONANGOYE, l'ambition est désormais posée : « Les données énergétiques doivent donc devenir un bien stratégique commun, partagé, sécurisé, au service du développement ».
