Zita Oligui Nguema au Woleu-Ntem : une tournée de proximité qui revisite le rôle politique et social de la Première Dame
Sept jours de terrain au contact des populations du Nord gabonais, entre autonomisation des femmes et souveraineté alimentaire.
C e dimanche 20 septembre, la Première Dame du Gabon, Zita Oligui Nguema, a effectué son arrivée à Oyem, capitale provinciale du Woleu-Ntem, en amont d'une visite de sept jours inédite par sa durée et son caractère résolument décentralisé. Acclamée par une mobilisation populaire d'ampleur — coopératives féminines, associations, jeunesse, notables et responsables administratifs — elle consacrera ce séjour aux zones rurales, aux exploitations agricoles collectives et aux échanges sur l'émancipation économique des femmes, conférant ainsi à cette tournée une dimension symbolique forte pour le septentrion gabonais.
Une arrivée politiquement investie. L'attente était palpable. Ce dimanche 20 septembre, l'épouse du Chef de l'État a posé le pied sur le sol du Nord gabonais, accueillie à l'aéroport d'Ewormekok par une mobilisation populaire d'une densité rare. Chœurs traditionnels, chorégraphies coutumières et banderoles ont rythmé une cérémonie d'accueil qui témoigne moins de la spontanéité que d'une orchestration réussie, couvrant l'ensemble du spectre social : organisations paysannes, fédérations de femmes, jeunesse structurée, élus locaux et cadres de l'administration territoriale. Dans les régimes contemporains, pareille convergence des corps sociaux autour d'une figure présidentielle relève d'une mise en scène du lien entre le sommet de l'État et la base.
Une séquence diplomatique interne de sept jours. Il s'agit ici d'un engagement de longue haleine. Selon l'agenda officiel, la Première Dame séjournera une semaine entière au sein de la province, un calendrier qui rompt avec la logique des simples escales protocolaires. Son itinéraire dessinera une géographie volontairement périphérique : rencontres avec les communautés villageoises, y compris les localités les plus isolées, visites d'exploitations agricoles gérées par des coopératives féminines, et tables rondes consacrées à l'indépendance économique des femmes et à la valorisation du foncier rural.
Un discours de fond porté par le terrain. Le contenu de cette tournée épouse une ligne claire : l'autonomisation de la femme et le retour à la terre comme vecteurs d'une souveraineté alimentaire nationale. Sur le plan de l'analyse politique, cette convergence entre le symbolique — la proximité avec les populations — et le substantiel — l'appui à des filières agricoles portées par les femmes — traduit une conception où l'action caritative présidentielle se fonde sur des leviers économiques structurels plutôt que sur une simple philanthropie.
Une considération politique envers le Nord. Par sa durée et son ancrage territorial, cette visite inscrit une première dans les pratiques de la fonction de Première Dame au Gabon. Les populations locales y lisent un acte de reconnaissance à l'endroit du septentrion, région longtemps perçue comme éloignée des circulations du pouvoir.
Sept jours à haute portée symbolique. Avec ce séjour, le Woleu-Ntem entre dans une séquence d'écoute, d'échanges et de projection politique. Au-delà de l'événementiel, cette tournée pose une question d'avenir : celle de l'institutionnalisation d'une présence présidentielle durable dans les marges territoriales du pays. Le septentrion, désormais, observe.
