Chasse aux 1 700 milliards : Le Premier Président de la Cour des comptes siffle la fin de la récréation
L'ultimatum d'un mois lancé par la Cour des comptes soit 600 débiteurs sommés de restituer 1 700 milliards de FCFA dus à l’État avant le 7 octobre, ou la prison au bout du compte.
L a Cour des Comptes donne jusqu'au 7 octobre aux pilleurs de la République pour restituer les fonds détournés en 20 ans. Passé ce délai, la Cour criminelle spéciale prendra le relais. C'est une première dans l'histoire financière du Gabon. Le Premier Président de la Cour des comptes, Alex Euv Moutsiangou, a lancé ce dimanche 7 septembre un ultimatum implacable : un mois pour rembourser les 1 700 milliards de FCFA détournés et jamais recouvrés malgré les mises en débet. À partir de ce lundi 8 septembre et jusqu'au 7 octobre 2026, personnes physiques et entreprises épinglées ont un délai de grâce pour restituer. Faute de quoi, leurs dossiers seront transmis à un juge répressif et ils encourront les peines les plus lourdes devant la Cour criminelle spéciale.
Le ton est grave, le délai est intraitable. Sur le plateau de Gabon 24, Alex Euv Moutsiangou n'est pas venu faire de la pédagogie, il est venu déclarer la guerre à l'impunité. Le chiffre donne le vertige : 1 700 milliards de FCFA. Vingt ans de détournements, de surfacturations, de marchés fictifs, de gestions de fait. Vingt ans pendant lesquels des arrêts de débet ont été prononcés, nommant clairement les responsables, sans jamais qu'un franc ne revienne dans les caisses de l'État. Le temps de la tolérance est terminé.
L'ultimatum est désormais officiel et il court à compter de ce lundi 8 septembre à 00h00. Tous les comptables publics, ordonnateurs, gestionnaires d'entreprises publiques et fournisseurs complices dont la responsabilité a été établie par la Cour des comptes disposent d'un mois, jour pour jour, jusqu'au 7 octobre 2026 à minuit, pour s'acquitter volontairement de leur dette envers la Nation. C'est une dernière chance, une porte de sortie honorable avant le glaive pénal. Car les peines encourues après cette date ne relèveront plus de la simple justice financière. En saisissant le juge répressif, la Cour des comptes fait. basculer ces dossiers du contentieux administratif au pénal le plus sévère.
Les contrevenants s'exposent alors à : 1. Devant la Cour criminelle spéciale : des peines de 10 à 20 ans de réclusion criminelle pour détournement de deniers publics, concussion et enrichissement illicite, assorties de la confiscation générale de tous leurs biens, meubles et immeubles, au Gabon et à l'étranger. 2. L'interdiction définitive d'exercer toute fonction publique, tout mandat électif et toute activité de commerce ou de direction d'entreprise. 3. L'amende pénale pouvant atteindre le double de la somme détournée.
En clair, au 8 octobre, il ne sera plus question de rembourser. Il sera question d'aller en prison. Le message d'Alex Euv Moutsiangou est sans ambiguïté : l'État gabonais va désormais recouvrer son argent, de gré ou de force, dans le portefeuille ou dans la cellule.
