Conseil de discipline du CSM/trois hauts magistrats frappés par la sanction suprême de radiation.
Le Conseil de discipline du CSM prononce trois radiations, sur fond de dossiers judiciaires sensibles et de contestations procédurales.
L a session disciplinaire du Conseil Supérieure de la Magistrature, tenue le 25 aout 2026, a abouti a la radiation de trois hauts magistrats : Leila Letitia Ayombo Moussa, Massala Urbain et Eddy Narcisse Minang.
Le Conseil de discipline du Conseil Supérieur de la Magistrature a tenu, le 25 août 2026 à Libreville, une session marquée par des sanctions sans précédent. Trois hauts magistrats ont été frappés par la radiation, mesure disciplinaire la plus lourde prévue par l’article 164 de la loi n°040/2023 portant Statut des magistrats. Cette décision intervient dans un contexte de reprise en main de la déontologie au sein de la magistrature gabonaise.
Parmi les magistrats radiés figurent Mme Leïla Létitia Ayombo Moussa, Directrice de la Gestion des Sceaux et Symboles de la République, anciennement juge d’instruction spécialisée ; Urbain Massala, Substitut Général à la Cour d’appel judiciaire de Mouila ; et Dr Eddy Narcisse Minang, Procureur Général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville. Le cas d’Ayombo Moussa est lié à une vidéo controversée la montrant en échange familier avec Noureddin Bongo Valentin. Massala Urbain, déjà rétrogradé, fait face à des plaintes récurrentes pour escroquerie. Minang Eddy Narcisse, lui, suscite des débats sur le respect des droits de la défense.
Les sources judiciaires indiquent que Minang n’aurait ni été entendu préalablement ni reçu notification de son inscription au rôle disciplinaire, malgré les articles 159 à 161 du Statut. Son absence à l’audience aurait pesé dans la décision. Les auditions de l’Inspection Générale des Services Judiciaires avaient porté sur plusieurs dossiers, dont la convocation de l’ADG de la CDC et la gestion des fonds de la session criminelle spécialisée de novembre 2025.
Conformément aux articles 162 et 163 du Statut, les sanctions restent susceptibles de recours devant le Conseil d’État après notification officielle. Les dix magistrats ayant comparu attendent encore cette notification. La prochaine session du CSM, présidée par Brice Clotaire Oligui Nguema, pourrait entériner ces décisions avant d’éventuels contentieux devant la juridiction administrative suprême.
